Public Image Limited

1978, après une désastreuse tournée aux États-unis, les Sex Pistols se séparent pour problèmes de management, toxicomanie aggravée de Sid Vicious, tensions internes et sur-pression journalistique.

Les différents juridiques (l'argent des Pistols, le contrat rompu, la propriété du surnom Johnny Rotten) opposent alors John Lydon, pilier charismatique du groupe et Malcom Mac Laren, manager un peu débordé par sa découverte. John Lydon a désormais d'autres ambitions musicales plus proches de ses goûts, assez éloignés du Rock'N'Roll qu'il va désormais s'évertuer à fracturer. Il clamera plus tard que les Sex Pistols sont le dernier groupe de Rock'N'Roll. Contrairement aux influences Rock sixties des autres membres des Sex Pistols, Lydon est plutôt intéressé par les ouvertures qu'offrent des groupes comme Can, Hawkwin, Van Der Graaf Generator et le Dub en général, dont tout les punks de l'époque sont avides.

Pour l'heure, entouré d'amis londoniens encore peu musiciens, il se dépèche de monter un combo pour mettre en pratique ses nouvelles conceptions.
Public Image Limited est alors formé de Jah Wobble à la basse , Keith Levene à la guitare, l'étudiant canadien Jim Walker à la batterie, et bientôt rejoints par Jannette Lee pour de la vidéo et du bidouillage de synthétiseur. L'idée est d'improviser sur un thème solide et répétitif jusqu'à que l'approximation du jeu de chacun et les aléas de l'inspiration lui confèrent une réelle ambiance. Le groupe désargenté se réuni en nocturne dans les studios laissés vacants par les professionnels. Cette façon de travailler un peu hasardeuse aboutira tout de même à un premier album au son précaire mais bien produit dès 1978, avec le soutien financier de Virgin Records. Le single Public image sera même n°1 dans les charts anglais et bien classé dans d'autres pays européens.

S'ensuit un projet plus ambitieux et cohérent que le groupe réussit à imposer à Virgin :
Metal Box. L'album est distribué sous forme de trois maxis 45 tours dans une boite cylindrique de métal imitant les boites contenant les bobines de films de cinéma. La musique consiste en une sorte de disco morbide avec un son incroyable pour l'époque, une guitare suraigüe stridente et hachée sur une basse infra grave ronflante et fluide, ainsi que de subtils effets sur les cymbales d'une batterie puissante. Une production sonore générant une ambiance tout à fait particulière. L'album Paris au printemps, enregistré en concert en 1980, témoigne de la part improvisée, voire bordélique, qui reste dans la structure des morceaux ou dans certaines partie des instruments. Keith Levene revendique l'erreur comme source de création. Les parties de batterie sont assurées par des batteurs intérimaires, dont Martin Atkins qui rejoindra plus tard le groupe.

Les membres louent une maison commune et ne font pas grand-chose qu'être oisif et se droguer intensivement, relativement allergiques à l'idée de tourner ou même de répéter. Virgin, qui paie les factures, leur met la pression pour l'enregistrement d'un nouvel album. Lydon et Levene passent des semaines en studio mais rien de bien intéressant n'est produit. Levene se désintéresse de la guitare pour s'amuser avec des synthétiseurs et des jouets d'enfants. Ce qui fait que Flowers of romance est sans doute l'album à l'ambience la plus étrange qu'ait produit le groupe. La guitare de Levene se fait plus rare, mais d'autant plus incisive, un son extrèmement sec, aigre, presque douloureux pour l'oreille. Quelques concerts sont organisés aux Etats-Unis mais tellement chaotiques que la maison de disque américaine en annule une partie. Le groupe sème la confusion lors d'une émission de télé. Jah Wooble est viré plus pour les problèmes de tension du groupe que pour de réelles raisons. Il monte un projet avec Olger Czukay, de CAN, et The Edge de U2 avant de s'envoler pour une carrière solo (avec leur argent). 

La suite est assez confuse : Lydon s'exile dans un loft new-yorkais pour fuir les problèmes judiciaires. Puis il enregistre en studio à New York des compositions dans un style plus proche du premier album. L'identité sonore de PIL est toujours aussi reconnaissable, grâce aux vocalises monotonales de Lydon et aux mutilations guitaristiques de Levene. Ce dernier est cependant "remercié" pour, semble-t'il, problèmes de dépendance aux drogues dures. Or il ne part pas seul : il emporte avec lui les bandes du travail réalisé. C'est ainsi qu'on retrouve dans les bacs des disquaires en 1984 deux versions d'un même album :
Commercial Zone, produit par Levene, et This is what you want, this is what you get... édulcoré de toutes les parties de guitare mais dans un mixage complètement repensé, dans un genre d'électro-funk expérimental.


Discographie sélective

1978 - Public Image

1979 - Metal Box
Second edition

1981 - Flowers of romance

1983 - Live in Tokyo

1984
- This is what you want... This is what you get
Commercial zone

1985 - Album - Cassette - Compact Disc

1986 - Happy ?

après c'est de moins en moins intéressant

Quelques liens

http://www.publicimagelimited.co.uk/

http://www.John-Lydon.com

Fooderstompf, mon préféré